UNE ENVIE COULEUR DE SABLE – Nouvelle de Jean-François Floch, 1991

J’avais une envie en Afrique,…

 

Cela faisait huit mois, peut-être plus, sans doute plus. Nos chameaux étaient morts les uns après les autres, d’épuisement, de faim, de soif et d’ennui.

 

Il était là, le regard de l’autre côté de l’horizon, le regard dans la nuit du cœur.

Il m’avait tout donné ; ses silences, ses regards, sa souffrance, son sourire…

Il regardait au-delà de la vie, il ne cherchait plus, il savait !

 

– Ne t’inquiète pas, bientôt la caravane passera ici,… tu retrouveras ta tribu.

Lui regardait de l’autre côté de la sienne,…

 

 

 

Dans mon ventre, au fond de ma tête, une envie,… impalpable, incontournable; terre d’Afrique, sang d’Afrique, je ne savais pas vraiment ni quoi ni où.

 

Elle était là bien avant moi, dans notre cœur depuis mille ans sans doute. Je n’étais qu’un instant de ce vide.

 

J’avais tout essaye, j’avais fini par tellement la connaître cette Afrique, mon Afrique, que je savais maintenant ne pouvoir que la caresser, la ressentir, m’enfoncer en elle, me déchirer, la violer,… mais ne pas en être.

 

De la brousse à la forêt dense, des savanes aux déserts, je cherchais à donner un nom, une forme à mon envie.

Plus j’entrais en elle, moins je la voyais.

 

J’avais cette fois encore posé ma cravate sur la table, vendu mes quelques biens et avais repris la piste.

 

J’avais erré plusieurs mois à travers Hoggar, Tassili, Tanezrouft ; de Gao à Tombouctou, de Tamanrasset à Agadés, d’Arlit à Djanet. J’avais revu le grand peuple clochardisé dans les banlieues insalubres de l’Afrique noire. J’avais revu la bêtise et la honte d’un Occident tantôt sourd, tantôt aveugle, toujours calculateur. J’avais usé une fois de plus mes cors aux pieds dans les sandales de peau.

 

Mais cette fois j’avais entrevu mon envie. Je connaissais enfin son nom, je l’avais ressentie, plusieurs fois aperçue; elle était là, elle avait la vie couleur de sable !

 

 

 

Cela faisait quelques milliers de litres, je n’avais plus d’argent, alors j’avais vendu la Land, les outils, tout ce qu’il restait… mais je savais qu’il me fallait continuer.

 

 

 

Il avait le regard triste, le poids de trente ans d’humiliation, profond, noble mais triste.

Il guidait les touristes avant les massacres, là-bas de l’autre côté de ce trait sur la carte, chez lui aussi, là-bas entre Agadés et Arlit.

Il accompagnait, maintenant, les rares journalistes qui voulaient bien rendre compte de la situation de son peuple.

Il m’aurait sans doute guidé si je le lui avais demandé. Il savait bien ce qu’ils cherchent. Il le savait au premier regard: mer de sable, méharée ou Hoggar.

 

 

– Je cherche celui dont la vie est couleur de sable.

Son regard explosa; il me fouillait le cœur.

            – Tu le cherches depuis longtemps ?

            – Mille ans, peut-être plus.

            – Il est là !

Sa main balayait l’horizon.

            – Je sais, mais je ne le vois pas.

            – Il n’est pas de ta tribu.

            – Je sais, mais il est mon vide.

            – Tu as peur de ce vide ?

            – Non, je veux me remplir de lui.

            – Ton vide te protège, qui seras-tu quand tu l’auras comblé ?

            – Un homme serein, je crois.

            – Il n’est pas de ta tribu !

Il se leva; je le suivis.

            – Où vas-tu ?

            – Je te suis, j’ai l’argent pour acheter les chameaux.

            – Je sais, on te connaît.

            – Quand part-on ?

Il s’arrêta brusquement, s’était retourné.

Il me fouillait le cœur, cherchait la supercherie.

            – Qui t’a parlé de lui ?

            – Personne, c’est une envie,… Il y a très longtemps, je crois, des ancêtres le connaissaient…

            – Dans ton pays ?

            – Non, ici !

            – Tu n’es plus de sa tribu.

            – Je suis de sa noblesse et tu le sais.

Il reprit sa marche, entra dans une maison délabrée; je le suivis.

            – Je ne peux pas te le donner; même si tu étais né de ce sable, tu ne pourrais le voir, tes ancêtres sont trop loin.

            – J’ai été capable de le nommer, seul, sans ton peuple.

 

 

Nous sommes restés ainsi plusieurs jours, il me fuyait et m’attendait, je le harcelais et faisais mine de le quitter.

 

 

– Nous achèterons ce qu’il faut pour le voyage.

 

 

Il prit la liasse de billets que je lui tendais, paya les chameaux, les vivres, donna tout le reste à une femme qui n’était pas la sienne, puis, lui dit en tamashek:

 

 

– Nous partons pour longtemps, prends soin des enfants et s’ils sont engloutis par le monde, rappelle leur l’existence de celui dont la vie était couleur de sable.

 

 

 

            – Nous partons.

 

 

 

J’avais ressenti une angoisse comme jamais, je sentais que quelque chose de grave devait se produire pour que je rencontre celui… mon envie. En avais-je le droit ?

 

Je savais juste que nous partions; la direction, je l’avais compris, ne représentait rien dans notre quête.

Il était immatériel, j’avais presque peur de le voir de mes yeux, quel mortel pouvait être celui… cette envie ?

Et pourtant, après ces années en Afrique, j’avais pu le nommer, ici, seul. Se pouvait-il qu’il existe vraiment, que ce soit un sage caché dans les roches du Hoggar ? Non il ne pouvait être qu’immatériel. Pourtant, le Targui avait parlé à la femme de celui dont la vie était couleur de sable… Je ne l’avais donc pas inventé; ses réticences à me guider vers Lui, son regard lorsque je lui faisais part de ma quête.

Mon esprit se brouillait. Je ne pouvais poser la question, je ne pouvais risquer de dissiper le charme qui nous unissait dans cette expédition.

 

A la sortie de Tamanrasset, le Targui jeta au pied d’un vieil homme mon sac, mon duvet et ma parka, se tourna et me tendit une fine couverture usée.

Je connaissais trop ce désert pour ignorer que cette nuit et les autres nuits l’eau deviendrait roche. Quarante à soixante degrés sous le soleil et moins dix sous les étoiles.

Seul un Targui peut supporter cette brutalité.

J’avais peur.

Quelques enjambées plus loin, il descendit, j’en fis autant. Il remplit les outres d’eau, les accrocha une à une sur le dos de nos chameaux, répartit la paille, le grain, le sel, les lamelles de viande. Chaque bête portait la même charge pour éviter qu’un accident nous prive de quoi que ce soit; tout est vital.

De cet instant, nous ne remonterons plus jamais sur les chameaux pour les économiser.

 

 

Mon Targui ne prononcera pas une parole pendant ces longs mois passés ensemble.

 

 

Au soir venu, mes pieds avaient enflé d’avoir tant foulé le sol. Le sable m’avait brûlé la peau entre les orteils. Mes jambes se raidissaient. Ma gorge brûlait.

Il confectionna un petit bol de bouillie de mil, un morceau de lanière de viande sèche et dure,… puis me tendit un gobelet d’eau trouble.

Lui pouvait survivre des mois avec un litre et demi d’eau par jour, moi non !

Moi je pouvais tenir avec trois ou quatre litres,… il me tendit un deuxième gobelet.

Un litre, un tout petit litre d’eau pour toute cette journée de marche !

Ma gorge brûlait, mon corps se raidissait.

 

Il faisait nuit maintenant, nous étions assis face à face en silence ; je grelottais.

Il me regardait, ne se couchait pas pour me soutenir. Les outres commençaient à crisser, je tremblais, me crispais, mes os me faisaient mal, je voulais hurler, j’avais froid.

 

Il me regardait en silence, sans compassion ni haine.

A peine quelques heures de nuit, le froid encore plus vif, j’avais mal, je grelottais, je courais en rond pour ne pas hurler ma douleur et ma peur de mourir-là, sécher-là.

 

 

 

Le craquement des roches: dilatation, contraction, la roche ne cesse d’éclater.

 

Mon Targui avait posé une pierre à mes pieds; au matin naissant, il y en avait trois. Elle avait éclaté, je pleurais, j’avais froid, j’avais mal !

La brûlure du soleil; vite ! le soleil !

 

Mon Targui, Le Targui me tendit les trois pierres, il rechargea les chameaux encore tremblants, puis nous reprîmes notre marche.

 

 

 

Au bout de quelques jours, il me donna un peu plus d’eau, ma peau se fripait: je n’urinais plus.

Il calcula ma ration pour que je puisse uriner une fois par jour d’un filet de liquide presque brun. Jamais plus que le strict nécessaire à ma survie.

 

 

Durant tout le mois de janvier, le froid  m’empêcha de trouver le sommeil, mais il me permit aussi de supporter la soif; la nuit, je ne transpirais pas !

 

Nous marchions en direction de Djanet et alors qu’on l’aperçut, il changea de cap et nous nous dirigions maintenant sur l’arbre du Ténéré.

 

Le Targui prenait soin d’éviter toutes pistes connues, tant pour fuir les raids des militaires assassins que pour nous obliger à rester seul.

 

A la fin du mois de janvier, ma silhouette s’était allongée. J’avais les pieds calleux, de la corne en dessous et du sang durci entre les doigts. Tous les jours je saignais; toutes les nuits, je pleurais.

 

Au début de février, du moins je crois, nous étions en plein Ténéré à la frontière de nulle part. J’avais appris à pleurer sans larmes !

 

Le Targui m’avait souri en me voyant essayer de charger les outres.

 

J’avais maintenant une poignée de petits cailloux qui, toutes les nuits, continuaient à éclater et à se diviser, comme le désert, l’infini du temps.

 

 

 

 

Le Targui ne me montrait rien, comme le désert; il ne corrigeait pas mes erreurs, il les sanctionnait. Il faisait; à moi d’imiter; les explications, j’avais tout le temps de les trouver !

 

Le regard triste avait fait place à une froide domination, pas de moi, ni du désert. Une domination de lui !

 

Quelquefois, je m’endormais d’épuisement tout en marchant; Il passait une longue canne entre mes jambes et je m’affalais dans le sable brûlant ou sur les silex tranchants.

 

Il ne me faisait aucun reproche. J’essayais de me ressaisir, Il me soutenait de son regard. C’est la loi de ce monde; tout y est économisé, même les leçons !

 

 

 

 

De temps en temps, il dessinait des formes géométriques sur le sable, puis les brouillait comme s’il ne fallait pas qu’un Djinn puisse lire dans son cœur.

 

Au sortir du Tassili, il ignora volontairement les peintures rupestres des grottes; je les connaissais; il ne détourna même pas son regard.

 

Le Ténéré de sable avait pris la place des roches du Hoggar et du Tassili; les nuits craquaient moins, mais mes pierres éclataient toujours.

 

 

 

Mon père, amoureux de ce même désert avait été de cette génération qui avait éclaté l’Afrique, tracé des lignes de mort, effaçant les équilibres fragiles de la vie.

 

Les Touareg n’avaient jamais cédé.

 

Ils s’étaient battus avec honneur, face à des Français qui voulaient les dominer avec respect. Oui, mais ces hommes du désert; Touareg et Méharistes, n’avaient pas compté avec les autres, les lâches, les calculateurs, les traîtres, ceux que seule la division peut faire régner, ces politiques vicieux et visqueux.

 

Ceux qui avaient inventé le problème Kurde en les éclatant sur quatre pays, ceux qui avaient inventé les frontières sur des cartes inachevées, ceux qui avaient décidé de tuer les nomades du Sahara Central en inventant des pays de cultivateurs noirs et instruits et de nomades blancs et illettrés.

 

Qui peut dire qu’il ne savait pas ce qui allait se passer ?

 

Ceux qui continuent à ensanglanter le désert en soutenant des gouvernements insoutenables ?

 

Ceux qui ferment les yeux sur la corruption de leurs “alliés” pour qu’on ne vienne pas leur demander des comptes ?

 

Ceux qui parlent de démocratie et livrent les armes du génocide ?

 

Quel homme politique est venu payer sa dette d’honneur en ce monde minéral, lequel ?

 

 

 

 

Le Ténéré s’étalait à l’infini sous mes pieds de misère.

 

 

 

 

Nous avions su désorganiser ce monde, je n’avais pu que le voir s’effondrer. J’avais vu les minorités ainsi inventées, se faire harceler par des chefs politiques africains médiocres et cruels. J’avais vu les Diolas, les Mandings de Casamance, les Peuls Bororo du Mali à la RCA, les Soudanais du Sud mis eux aussi en minorité dans un état trop vaste et ingouvernable, les Erythréens d’Ethiopie,… Nous avions inventé tous ces conflits et personne n’osait s’élever et dire assez !

 

 

Le Targui, marchait vers la paix intérieure d’un équilibriste. Oui, il fallait avoir ce don pour survivre et vivre de ce désert.

 

 

 

A la fin février, nous avions atteint l’Arbre du Ténéré, en fait, trois petits arbustes alimentés en eau par une pompe solaire.

 

Un grand fou, un méhariste motorisé, repose ici, cendres mélangées au sable.

 

Le Targui dessina un enchevêtrement de formes magiques sur le sol, prit une poignée de cendres et fit un petit tas au beau milieu. Ce dessin-là, il ne le brouilla pas… ces hommes bleus aimaient se confronter à plus fou qu’eux, mais étaient-ils conscients de se déstabiliser, chaque fois, un peu plus ?

 

Le Targui me souriait de plus en plus souvent lorsque je prenais des initiatives… me faisait chuter si je commettais une erreur.

 

Nous avions traversé le Ténéré pendant les mois de fraîcheur. Maintenant, nous remontions sur Arlit après avoir contourné de nombreux puits gardés par des assassins en uniformes. Nous avions dû ruser pour refaire nos provisions d’eau si près des soldats.

 

Targui avait laissé de nombreux messages mystérieux sur le sable et les roches. Je ne savais s’il s’agissait de messages ou des dernières marques pour prouver son existence sur ces terres.

 

 

 

 

Je commençais à goûter ses silences, tous ses silences, tant il savait en user pour s’exprimer. Il les préparait, les isolait pour en provoquer des échos. Chaque silence était construit, comme un message diffus, énoncé comme une vibration du cœur,… Je commençais à aimer ce langage du non-dit.

 

Au début, je chantais pour entendre ma vie, celle de ma tribu, celle qui fait du bruit, beaucoup de bruit.

 

Peu à peu j’acquis le silence, le respect de son silence; alors un jour, perdu dans le tréfonds de son âme, Targui fredonna un air,… du moins je le crois. C’est vrai que je voulais tellement l’entendre vivre !

 

Targui économisait tout: sa respiration, son sommeil, son regard et surtout ses sourires. Je les percevais comme une immense récompense, une indulgence, voire une amitié.

 

 

 

 

Targui marchait dans le creux des ravines pour ne pas être repéré par les guetteurs de tous bords.

 

La chaleur allait donner un répit aux Touareg, les militaires attendraient les nouvelles fraîcheurs pour s’enfoncer encore dans le désert, y commettre leurs lots d’exactions, de viols, de tueries gratuites.

 

Targui me montra un jour les restes d’un campement brûlé; quelques corps d’enfants et de femmes hâtivement enfouis dans le sable, quelques piquets, quelques morceaux de peaux de chèvres mal brûlés, des cadavres de chameaux séchés,… quelques grains de moins !

 

Targui avait de son peuple, le détachement au vivant. Il ne connaissait pas la peine, il savait la mort, la côtoyait, lui parlait, la dessinait sans doute.

 

Targui pouvait tuer, lui aussi.

 

Moi, je sentais une haine violente, une envie de prendre les armes et de tuer à mon tour, tuer pour arrêter de fermer les yeux de ma tribu.

 

Lui, marchait,… sans armes, sans tuer.

 

Pourquoi ? Pourquoi ne pas se réunir et attaquer la capitale, elle ne tiendrait pas bien longtemps contre une attaque rapide et subite ?

 

Pourquoi accepter de mourir ? Je ne comprenais pas.

 

Lui semblait connaître la réponse.

 

Fallait-il attendre que tous les grains de sable disparaissent ? Ou croyait-il que les événements qui déchiraient son peuple étaient la seule force capable de pousser les siens à se structurer, se former à la nouvelle autonomie, plus seulement celle du désert, mais aussi celle des politiques, celle des esclaves devenus maîtres.

 

Son peuple devait-il mourir pour exister à nouveau ?

 

Qui lui donnerait le temps de renaître à la vie ?

Qui voulait encore entendre parler des hommes bleus autrement qu’en légendes obscures et mobiles ?

Qui de ma tribu d’hommes blancs, qui des peuples de l’Atlas aux confins des savanes voulaient encore qu’ils existent ?

Pas vous ! non pas plus vous que moi.

Avez-vous pris les armes contre ceux, visqueux, informes, ceux qui veulent bien que des soldats assassins tuent le désert ?

 

 

 

 

 

Je marchais moi aussi dans ce sable,… début et fin de toute vie. Je coulais comme ces grains qui s’échappent, je disparaissais dans les pas du maître des silences.

 

Je me rappelle, je m’en souviens,… je crois qu’ils avaient droit au désert, eux qui avaient su en vivre depuis des milliers d’années, Eux que nous avons laissé tuer.

 

Je m’en souviens,… je crois !

 

 

 

Le froid des nuits d’hiver avait laissé la place aux nuits torrides et sèches qui brûlent les lèvres imprudemment exposées. Les roches et le sable accumulaient la chaleur au plus profond de leurs molécules pour mieux exploser au retour des premiers froids.

 

Ma pierre n’était plus que multitude de fragments tranchants que le vent n’avait eu le temps de polir.

 

J’étais assis à même le sol ; je regardais l’horizon, comme on regarde le passé. La pierre était devenue sable!

 

Je l’entendais s’approcher doucement, je ne me retournais pas. Il s’arrêta juste derrière moi, se pencha pour prendre une poignée de ce sable si fin, se releva.

 

 

 

 

… Il regardait de l’autre côté de sa vie…

Il était debout derrière moi; j’étais assis devant lui; je sentais le poids de sa pudeur dans les grains de sable qui coulaient sur ma nuque.

Ses yeux pleuraient sans larmes; l’eau est trop précieuse.

Je sentais son regard, j’entendais son silence.

Il rayonnait plus que toutes les étoiles du ciel, son cœur se déchirait, explosait.

Sa souffrance était plus grande que sa vie,…

Le sable ne coulait plus, Je me retournais inquiet, oppressé,…

 

– Targui !

 

Il brûlait couleur de sable.

 

– Targui !

 

Là s’arrêtait sa route, il m’offrait le cœur de son peuple.

Les sons ne sortaient plus de ma gorge…

 

– Targui …

 

Je me levais lentement, il s’effondrait doucement…

 

– Targui …

 

 

 

 

J’avais une envie couleur de sable,… il ne m’en reste que sa noblesse et ma blessure.

 

 

 

 

 

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